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Phytothérapie : qu’est-ce que c’est réellement ?

racinesetequilibre
1 sept.
9 min de lecture

Plantes, tisanes, extraits, gélules… découvrez ce qui se cache réellement derrière la phytothérapie et comment l’utiliser avec discernement.

Plantes médicinales et préparations utilisées en phytothérapie

Depuis toujours, les plantes occupent une place importante dans les pratiques de santé. Tisane de camomille le soir, thym en hiver, valériane pour la détente… nous avons presque tous déjà utilisé une plante dans l’objectif d’améliorer notre bien-être.

Mais derrière ces usages familiers se trouve une discipline beaucoup plus vaste : la phytothérapie.

Contrairement à une idée répandue, la phytothérapie ne consiste pas simplement à « boire des tisanes ». Les plantes contiennent de nombreuses substances actives et peuvent être utilisées sous différentes formes : infusion, décoction, extrait liquide, poudre, gélule, teinture ou encore extrait standardisé.

Et qui dit substances actives dit également précautions d’utilisation. Une plante peut avoir des contre-indications, provoquer des effets indésirables ou interagir avec certains médicaments. Naturel ne signifie donc pas automatiquement sans danger.

Alors, qu’est-ce réellement que la phytothérapie ? Comment les plantes agissent-elles ? Et comment les utiliser avec discernement ?

C’est ce que nous allons découvrir dans cet article.


🌱 Qu’est-ce que la phytothérapie ?

La phytothérapie désigne l’utilisation des plantes ou de préparations à base de plantes dans un objectif de santé et de bien-être.

Le mot vient du grec phyton, qui signifie « plante », et therapeia, que l’on peut traduire par « soin ».

Son principe repose notamment sur les substances naturellement présentes dans les végétaux. Selon la plante et la partie utilisée — feuilles, fleurs, racines, écorce, graines ou fruits — on peut retrouver différents composés : flavonoïdes, tanins, mucilages, alcaloïdes, saponines et bien d’autres.

Ces substances expliquent pourquoi toutes les plantes n’ont pas les mêmes propriétés et pourquoi la partie de la plante utilisée a également son importance.

La phytothérapie peut prendre de nombreuses formes :

  • 🌿 plantes sèches utilisées en infusion ou en décoction ;

  • 💧 extraits liquides ou teintures ;

  • 💊 poudres et gélules ;

  • 🧪 extraits secs ou standardisés ;

  • 🌱 macérats et autres préparations à base de plantes.

La phytothérapie moderne associe ainsi des usages traditionnels parfois très anciens à une connaissance plus précise de la composition des plantes. Certaines utilisations sont aujourd’hui bien documentées, tandis que d’autres reposent davantage sur l’usage traditionnel et disposent de niveaux de preuve scientifique variables.

C’est une distinction importante : ce n’est pas parce qu’une plante est utilisée depuis des générations que toutes les propriétés qu’on lui attribue ont nécessairement été démontrées.

La phytothérapie ne consiste donc pas simplement à choisir une plante en fonction d’un symptôme. Il faut également tenir compte de la forme utilisée, de la quantité, de la durée d’utilisation, des contre-indications et de la personne à laquelle elle est destinée.


🌿 Une plante, plusieurs parties… et pas forcément les mêmes propriétés

Une plante médicinale n’est pas un ensemble uniforme. Selon l’espèce, ce sont parfois les feuilles qui sont utilisées, parfois les fleurs, les racines, les graines, les fruits ou encore l’écorce.

On parle alors de « partie utilisée » ou de « drogue végétale » en phytothérapie. Ce dernier terme peut surprendre, mais il désigne simplement la partie de la plante employée pour ses constituants et ses propriétés.

La composition peut en effet varier considérablement d’une partie à l’autre.

Prenons quelques exemples :

  • 🌿 L’ortie : ses feuilles et ses racines sont toutes deux utilisées en phytothérapie, mais pas nécessairement dans les mêmes indications.

  • 🌼 L’aubépine : ce sont notamment les sommités fleuries qui sont employées dans les préparations traditionnelles.

  • 🌱 La valériane : c’est principalement sa partie souterraine, notamment la racine et le rhizome, qui est utilisée.

  • 🌾 Le psyllium : ce sont les graines, et surtout leur enveloppe appelée tégument, qui sont recherchées pour leur richesse en mucilages.

Cela explique pourquoi acheter simplement un produit portant le nom d’une plante ne suffit pas toujours.

Il faut notamment regarder quelle partie a été utilisée, sous quelle forme, à quelle concentration et en quelle quantité.

Deux produits portant le même nom de plante peuvent donc avoir une composition et un usage très différents.

En phytothérapie, connaître la plante est important. Mais connaître précisément la partie utilisée et sa préparation l’est tout autant.


🫖 Tisane, gélule, extrait, teinture… quelle différence ?

Une plante peut être proposée sous de nombreuses formes. Pourtant, boire une infusion, avaler une gélule de poudre de plante ou utiliser un extrait concentré ne revient pas exactement au même.

La méthode de préparation influence les substances qui seront extraites, leur concentration et, par conséquent, l’utilisation du produit.

🫖 L’infusion

C’est probablement la forme la plus connue. Elle consiste généralement à verser de l’eau chaude sur les parties les plus fragiles de la plante, comme les feuilles ou les fleurs, puis à laisser infuser quelques minutes.

Elle convient à de nombreuses plantes, mais l’eau n’extrait pas nécessairement tous leurs constituants.

🌱 La décoction

Elle est davantage utilisée pour certaines parties plus dures, comme les racines ou les écorces. La plante est maintenue dans l’eau portée à ébullition pendant un certain temps avant filtration.

Infusion et décoction ne sont donc pas forcément interchangeables.

💊 La poudre de plante

La plante séchée est broyée puis peut être conditionnée, notamment sous forme de gélules.

Dans ce cas, on consomme une partie plus complète de la matière végétale, contrairement à une infusion où seuls certains constituants passent dans l’eau.

💧 Les extraits liquides et teintures

Ils sont obtenus grâce à différents procédés d’extraction, utilisant par exemple de l’eau et/ou de l’alcool selon les préparations.

Leur composition et leur concentration peuvent être très différentes de celles d’une simple tisane.

🧪 Les extraits secs ou standardisés

Certains procédés permettent de concentrer les constituants de la plante. Un extrait peut également être standardisé afin de garantir une teneur définie en certains constituants.

Cela permet de mieux maîtriser la composition du produit, mais signifie aussi qu’il ne faut pas raisonner simplement en disant : « c’est la même plante, donc c’est la même chose ».

Deux préparations contenant la même plante peuvent avoir des concentrations et des recommandations d’utilisation très différentes.

La forme utilisée fait donc partie intégrante de la phytothérapie : le nom de la plante, à lui seul, ne suffit pas.


⚠️ « C’est naturel, donc ce n’est pas dangereux » : une idée

reçue

Une plante est naturelle, mais cela ne signifie pas qu’elle soit automatiquement sans risque.

Les plantes utilisées en phytothérapie contiennent des substances actives. C’est précisément ce qui fait leur intérêt, mais c’est aussi la raison pour laquelle elles doivent être utilisées avec discernement.

Selon la plante, la quantité utilisée, la durée de la prise et la personne concernée, il peut exister :

  • des contre-indications ;

  • des effets indésirables ;

  • des risques liés à un dosage inadapté ;

  • des interactions avec certains médicaments ;

  • des précautions particulières chez l’enfant, la femme enceinte ou allaitante, la personne âgée ou en présence de certaines pathologies.

Un exemple particulièrement parlant est le millepertuis. Cette plante est notamment connue pour son utilisation dans certains troubles de l’humeur, mais elle peut interagir avec de nombreux médicaments en modifiant leur concentration ou leur efficacité.

Elle peut notamment poser problème avec certains anticoagulants, traitements immunosuppresseurs, médicaments cardiovasculaires, antiépileptiques, traitements contre le VIH ou encore avec certains contraceptifs hormonaux.

Autrement dit, une plante peut avoir une véritable activité biologique et interagir avec un traitement médical.

C’est également pour cette raison qu’il faut éviter de multiplier les plantes et compléments sans vérifier leur compatibilité. Plus un produit est concentré, plus la prudence est importante.

Enfin, la qualité du produit compte : identification précise de la plante, partie utilisée, origine, procédé de fabrication, concentration et conditions de conservation sont autant d’éléments à prendre en considération.

« Naturel » ne veut donc pas dire « inoffensif ». Une utilisation responsable de la phytothérapie passe aussi par la connaissance de ses limites et de ses précautions.


🌿 Phytothérapie, aromathérapie et gemmothérapie : quelle différence ?

Ces trois approches ont un point commun : elles utilisent des substances issues du monde végétal. Pourtant, elles ne reposent pas sur les mêmes préparations et ne s’utilisent pas de la même manière.

🌱 La phytothérapie

La phytothérapie utilise différentes parties des plantes : feuilles, fleurs, racines, écorces, graines ou fruits.

Elles peuvent être proposées sous différentes formes : infusion, décoction, poudre, gélule ou encore extrait liquide ou sec.

La concentration en constituants actifs dépend donc de la plante, de la partie utilisée et du procédé de préparation.

💧 L’aromathérapie

L’aromathérapie repose principalement sur l’utilisation des huiles essentielles, obtenues notamment par distillation de certaines plantes aromatiques ou, dans le cas de certains agrumes, par expression de leur zeste.

Une huile essentielle est une préparation très concentrée en molécules aromatiques. Quelques gouttes ne peuvent donc pas être comparées à une tasse d’infusion de la même plante.

Les précautions sont également différentes : certaines huiles essentielles sont irritantes, sensibilisantes, photosensibilisantes ou présentent des contre-indications particulières.

Une huile essentielle ne doit donc pas être utilisée comme une simple tisane concentrée.

🌿 La gemmothérapie

La gemmothérapie utilise principalement des tissus végétaux en croissance, comme les bourgeons et les jeunes pousses.

Ils sont généralement mis à macérer dans un mélange associant notamment de l’eau, de l’alcool et de la glycérine afin d’obtenir un macérat.

Elle constitue donc une forme particulière de préparation végétale, différente d’une infusion traditionnelle ou d’une huile essentielle.

🔎 Trois approches végétales, mais des usages différents

Une même plante peut parfois se retrouver dans plusieurs de ces approches sans que les produits obtenus soient équivalents.

C’est pourquoi il est important de savoir précisément quel produit est utilisé, à quelle concentration, de quelle manière et pour quelle personne.

« À base de plantes » ne suffit pas à définir un produit : sa préparation et sa concentration changent considérablement la façon dont il doit être utilisé.


🧑‍🌾 Quelle place pour la phytothérapie en naturopathie ?

En naturopathie, la phytothérapie peut constituer un outil parmi d’autres. Elle s’intègre dans une approche plus globale qui prend également en compte l’alimentation, le sommeil, l’activité physique, le stress, les habitudes de vie et les besoins propres à chaque personne.

L’objectif n’est donc pas simplement de raisonner ainsi :

« Un symptôme = une plante. »

Deux personnes présentant le même inconfort n’ont pas nécessairement le même mode de vie, les mêmes antécédents, les mêmes traitements ou les mêmes besoins.

Avant d’envisager l’utilisation d’une plante, plusieurs éléments doivent être pris en compte :

  • la raison pour laquelle elle est envisagée ;

  • l’âge et la situation de la personne ;

  • les traitements médicamenteux éventuellement utilisés ;

  • les contre-indications et précautions d’emploi ;

  • la forme choisie : infusion, poudre, extrait… ;

  • la concentration et les recommandations d’utilisation ;

  • la durée pendant laquelle elle sera utilisée.

La phytothérapie ne doit donc pas nécessairement être utilisée de façon systématique. Dans certaines situations, modifier une habitude de vie peut être plus pertinent que d’ajouter immédiatement une plante ou un complément alimentaire.

Lorsqu’une plante est envisagée, le choix doit être cohérent avec la situation de la personne et tenir compte de sa sécurité d’utilisation.

Cette approche permet également d’éviter l’accumulation de produits : une tisane par-ci, un complément par-là, quelques gélules conseillées ailleurs… jusqu’à obtenir un mélange dont personne ne sait réellement s’il est adapté.

En naturopathie, la phytothérapie trouve ainsi sa place dans une démarche individualisée : comprendre la situation dans son ensemble avant de choisir les outils les plus pertinents.


💚 Le conseil de Fabien : apprenez à lire l’étiquette

Avant d’acheter un produit de phytothérapie, ne vous arrêtez pas à la jolie photo de la plante sur l’emballage ou à une promesse mise en avant en gros caractères.

Prenez quelques secondes pour regarder ce que contient réellement le produit.

Voici quelques éléments intéressants à vérifier :

  • 🌿 Le nom précis de la plante, idéalement accompagné de son nom botanique ;

  • 🍃 La partie utilisée : feuille, fleur, racine, écorce, graine, fruit… ;

  • 💊 La forme du produit : poudre de plante, extrait sec, extrait liquide, infusion… ;

  • ⚖️ La quantité ou la concentration indiquée ;

  • 🧪 La composition complète, notamment lorsqu’un produit associe plusieurs plantes ou d’autres ingrédients ;

  • 📋 Les recommandations d’utilisation et les précautions d’emploi ;

  • 📅 La durée de conservation et les conditions de stockage.

Et surtout, méfiez-vous du réflexe :

« C’est une plante, je peux essayer, au pire ça ne fera rien. »

Une plante peut avoir des effets biologiques, des contre-indications et des interactions avec certains médicaments.

Si vous prenez un traitement, si vous souffrez d’une pathologie chronique, si vous êtes enceinte ou allaitez, ou si le produit est destiné à un enfant, demandez conseil à un professionnel de santé avant de l’utiliser.

Enfin, évitez d’introduire plusieurs produits en même temps. Lorsque l’on commence simultanément trois plantes, deux compléments et une nouvelle tisane, il devient particulièrement difficile de savoir ce qui est utile… ou ce qui provoque éventuellement un effet indésirable.

En phytothérapie, mieux vaut quelques choix réfléchis qu’une armoire remplie de produits utilisés au hasard. 🌿


🌼 En conclusion

La phytothérapie est bien plus vaste que la simple utilisation d’une tisane de temps en temps. Derrière chaque plante se trouvent des constituants, des parties utilisées, des modes de préparation et des concentrations qui peuvent être très différents.

Utiliser les plantes avec discernement, c’est donc apprendre à regarder au-delà du mot « naturel ».

La bonne plante n’est pas nécessairement celle dont on entend le plus parler ou celle qui correspond à un symptôme trouvé sur Internet. Son choix doit tenir compte de la personne, de ses besoins, de ses traitements éventuels, des contre-indications et de la forme sous laquelle elle sera utilisée.

C’est également toute la différence entre utiliser une plante ponctuellement et intégrer la phytothérapie dans une véritable démarche d’accompagnement.

Dans ma pratique, la phytothérapie peut faire partie des outils proposés lorsque cela est pertinent. Elle s’intègre alors dans une approche plus globale prenant notamment en compte l’alimentation, le sommeil, le stress et les habitudes de vie.

Vous souhaitez savoir si certaines plantes peuvent trouver leur place dans votre quotidien ?

Un accompagnement personnalisé permet de faire le point sur votre situation et de rechercher les solutions les plus adaptées, sans multiplier inutilement les produits.

🌿 Racines & Équilibre — comprendre avant d’agir et utiliser le naturel avec discernement.


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